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November 17, 2005
15 Cheshvan, 5766


 

Erol Russo signe un premier livre empreint de spiritualité

By ELIAS LEVY
Reporter

Ailleurs, le livre que l’artiste-peintre montréalais, Erol Russo, vient de publier est un récit autobiographique très poignant relatant une expérience existentielle inouïe: le retour à la vie après avoir franchi le seuil de la mort…

Né en Turquie, dans une famille juive traditionaliste -son père était Sépharade et sa mère Ashkénaze-, Erol Russo émigra au Canada en 1964. Peu de temps après son arrivée au Québec, il fut victime d’un grave accident de voiture qui faillit lui faucher la vie. C’est à l’hôpital, dans un état quasi comateux, qu’il vivra une expérience métaphysique indicible qui le bouleversera profondément et changera radicalement le cours de sa vie.

“Détaché du cordon ombilical qui me reliait à mon corps physique, mon âme fuit dans un tunnel de lumière à une vitesse effarante. Au-dessous de moi, le bleu de la mer. Une mer qui rappelle celle de mon pays d’origine et puis… le bonheur total, l’euphorie, l’amour seulement l’amour, la paix indescriptible… la beauté, la perfection, la béatitude à l’infini. La notion du temps a disparu. L’espace existe, mais le temps n’y est plus. Toute attache psychologique, peur, jalousie, difficulté de compréhension, conflit interne, envie, ambition, haine… n’existent plus. Tout est remplacé par l’amour inconditionnel. En somme, c’est le paradis. Le vrai. L’ordre des événements que je décris ici peut ne pas être exact, mais les faits restent très clairs dans mon esprit. Toute ma vie déferle comme un film. Les moindres petites fautes commises depuis mon enfance, prennent alors toute leur importance”, raconte-t-il dans Ailleurs.

Déambulant, entouré d’anges, dans un espace céleste infini, il est alors convoqué par un groupe “de rabbins barbus, venus d’un temps lointain”. Après un long conciliabule, ces Sages décident de son sort: “Ils décrètent son retour sur terre”.

Ce retour à l’existence terrestre sera une expérience cauchemardesque.

“Le retour de mon âme dans mon corps est terrifiant. Je passe des moments d’horreur indescriptibles. Le feu jaillit de partout, des figures horribles m’entourent… J’ai peur, je veux m’échapper, mais une force m’empêche de le faire… Je suis comme filtré dans le gué’hinom (géhenne) avant que mon âme revienne et que mon corps reprenne vie”, relate-t-il.

Ce “voyage insolite dans l’Au-delà” fut le principal élément déclencheur d’une prise de conscience inopinée qui poussa Erol Russo à renouer peu à peu avec les traditions de ses Pères.

Juif laïc non pratiquant, éloigné de la tradition juive, cette expérience révulsante fut la première dalle jalonnant le long chemin qu’il allait emprunter pour retrouver ses racines identitaires juives.

Trente-quatre ans plus tard, en 1998, le décès de sa mère, âgée alors de quatre-vingt-huit ans, finit par le convaincre de la nécessité impérieuse qu’il vive désormais sa vie conformément aux préceptes édictés dans la Torah. Une série de signes enfouis et d’événements survenus après la disparition de sa mère, dont l’apparition un jour à l’aube de deux colombes blanches d’une beauté majestueuse, ne feront que renforcer ses certitudes mystiques.

La première partie de ce livre, où il décrit sa “résurrection”, ne risque-t-elle pas d’horripiler tous ceux qui n’y verront non pas “une interpellation de nature divine”, mais plutôt une fable chimérique relevant beaucoup plus d’un phénomène paranormal que rationnel? Ce passage éclair dans l’“Au-delà céleste” sera, sans aucun doute, perçu par certains comme une incartade délirante due à l’état clinique comateux dans lequel l’auteur était plongé après son accident.

“Je n’ai pas écrit ce livre pour faire du prosélytisme, ni pour convaincre qui que ce soit de croire que tout Juif sera jugé par l’Éternel à la fin de sa vie. Chaque lecteur lira mon livre et l’interprétera comme bon lui semblera. Moi, j’ai simplement voulu raconter cette expérience très marquante, qui a chamboulé mon existence et m’a aidé à comprendre la nécessité de redécouvrir le précieux héritage que m’ont légué mes aïeux. Un héritage que beaucoup de Juifs oublient ou négligent aujourd’hui. Je n’ai pas écrit ce livre pour donner des leçons à qui que ce soit. Chaque Juif vit sa judéité comme il le veut et comme il l’entend”, rétorque Erol Russo en entrevue.

Comme il fallait s’y attendre, ce livre a été louangé dans les cénacles rabbiniques montréalais. Trois personnalités rabbiniques sépharades ont encensé ce récit magnifiant la Téchouva.

“L’auteur livre un témoignage sincère à propos de son cheminement dans la recherche du divin. Il est vrai que l’homme porte en lui des vérités dont il ne prend conscience que par des détours, ou tout simplement des événements qui le forcent à réfléchir sur l’existence et le but de la création. L’expérience de l’auteur, fût-elle exceptionnelle parce que marquée par cette assistance providentielle qui se manifeste au moment précis où il l’attend, le conduit à renouer avec ses racines et surtout à reprendre sa véritable identité”, écrit le Grand Rabbin sépharade du Québec, David Sabbah, dans une missive qu’il a envoyée à Erol Russo.

Le Rabbin Chlomo Atlan, leader spirituel du Centre d’études juives et talmudiques Otsarenou, a été aussi très emballé par la lecture de ce livre.

“Ses étonnantes expériences et surtout le décès de sa mère marquent un point déterminant de sa vie. Une métamorphose qui le conduit à renouer avec ses racines et qui l’amène à une Téchouva sans équivoque, écrit-il. J’ai découvert avec intérêt une écriture qui permet au lecteur de pénétrer le récit comme s’il le vivait dans son corps et dans son âme. Il nous fait part habilement de son expérience très enrichissante. Ce livre se démarque fondamentalement tant par son style d’une grande clarté que par son contenu reflétant la profondeur du vécu. Il est une source d’intérêt réel.”

Pour le Rabbin Ronen Abitbol, leader spirituel de la Congrégation sépharade Hékhal Shalom de Ville Saint-Laurent, l’histoire relatée par Erol Russo est une preuve manifeste de la présence et de la grandeur de l’Éternel.

“Le récit des expériences exceptionnelles qu’il a vécues si profondément me convainc qu’il s’agit de messages de la Providence Divine afin de le rattacher à ses fortes racines héritées de sa défunte mère, écrit-il. Connaissant l’auteur depuis quelques années, ont peut constater que ces messages n’ont pas été reçus en vain, mais plutôt qu’ils ont laissé une profonde empreinte dans son coeur.”

Ces trois témoignages rabbiniques ont été publiés au début du livre.

La première partie de ce récit nourrira probablement des interrogations lancinantes, qui taraudent l’humanité depuis la nuit des temps, et sera décriée sans doute par ceux qui n’y verront qu’une lubie d’un esprit vulnérable, terrassé par la maladie, plutôt qu’un signe tangible spirituel à portée messianique.

Par contre, la deuxième partie de ce livre captivera le lecteur religieux ou non observant.

Erol Russo nous fait sillonner les terroirs d’Israël. Jérusalem, ville grandiose et éblouissante, Tibériade l’envoûtante, Safed, haut lieu de la Cabbale et de la culture religieuse juive… Les pages, empreintes d’une profonde spiritualité, qu’il consacre à son périple à travers la Terre d’Israël sont magnifiques. Pèlerinage qu’il effectue depuis tous les ans.

“Que l’on soit religieux ou non pratiquant, Israël occupe une place centrale et déterminante dans la vie d’un Juif. Mes séjours en Israël sont pour moi l’occasion de me ressourcer spirituellement et culturellement. Je voulais partager avec les lecteurs qui liront mon livre mes expériences israéliennes, qui m’ont grandement aidé à m’arrimer à mes racines juives, dont je m’étais beaucoup éloigné, dit-il. L’Histoire, plusieurs fois millénaire, de notre peuple est profondément ancrée dans les paysages somptueux et les imposants hauts lieux de culte qui confèrent à la Terre d’Israël son caractère si unique.”

Ailleurs, qui est écrit avec un style littéraire très enlevant, recèle une réflexion émouvante sur le sens de la Téchouva. Le témoignage très sincère d’Erol Russo est aussi une belle et courageuse leçon de vie juive.

Artiste-peintre très talentueux, le livre d’Erol Russo est superbement illustré avec plusieurs de ses peintures, reproduites en couleur.

“La redécouverte de mes racines juives nourrit mon imagination et mon travail artistiques. Mon étude de la Torah, mon apprentissage de l’hébreu, que j’ai commencé à apprendre très tard, les commentaires rabbiniques… sont pour moi une source précieuse d’inspiration qui influence sensiblement mon travail de peintre. L’art et la Torah forment une symbiose étonnante”, confie-t-il.

Le lancement du livre Ailleurs d’Erol Russo aura lieu le lundi 21 novembre, à 18h, à la Galerie d’Art Galeria de la Communauté sépharade unifiée du Québec. Galeria est localisée au Mail Cavendish, à Côte Saint-Luc.

Cet événement est organisé par la Communauté sépharade unifiée du Québec dans le cadre de sa rentrée culturelle automnale.

Les personnes qui seront présentes à ce lancement pourront aussi découvrir et apprécier quelques-unes des peintures d’Erol Russo, exposées pour l’occasion dans cette Galerie.

Pour plus d’informations, contacter Erol Russo au (514) 335-3023. E-mail: (mailto:erol.r@sympatico.ca). Site Internet: http://www.erol-art.com/

An autobiography of artist Erol Russo describing the experiences that led him to turn to an Orthodox way of life will be launched Nov. 21 at 6 p.m. at the Galeria in Cavendish Mall.